Article d’ouverture du dossier DMSO.
1965 : un télégramme accuse le DMSO d’abîmer les yeux
En novembre 1965, la Food and Drug Administration, l’agence américaine du médicament, adresse un télégramme aux ambassades des États-Unis et à l’Organisation mondiale de la santé. Le message tient en une idée : le diméthylsulfoxyde, ou DMSO, pourrait être toxique pour l’œil. Tous les essais cliniques sont arrêtés sur le sol américain, et les doses non utilisées doivent être rappelées.
Environ 37 000 patients avaient alors reçu la molécule dans des essais encadrés, et près de 100 000 personnes l’utilisaient de leur propre initiative. Aucun n’avait présenté d’atteinte oculaire. Le signal venait d’un vétérinaire de l’université de Pennsylvanie, qui avait observé une modification du cristallin chez des chiens de laboratoire exposés à de très fortes doses.
60 ans plus tard, un homme de 75 ans prénommé Murray raconte devant une caméra une histoire qui prend ce télégramme à rebours. Depuis sa naissance, il est aveugle d’un œil, à cause d’une cataracte selon son dernier ophtalmologiste. De cet œil, il distinguait le clair et le sombre et quelques formes, sans aucun détail ni aucune couleur. Un jour, il commence à utiliser du DMSO pour soigner ses sinus, en application sur le visage et en spray nasal. Au bout de 2 mois, il s’aperçoit qu’il voit mieux de cet œil qu’il n’a jamais vu. Au bout de 8 mois, il perçoit les couleurs et beaucoup plus de détails. En plein jour, il traverse sa maison en se servant de ce seul œil, franchit les portes et contourne les meubles. Il estime avoir retrouvé 15 à 20 % de vision, et le progrès continue.
Comment la molécule accusée d’abîmer les yeux a-t-elle pu réveiller un œil resté éteint pendant 75 ans ?
Pour y répondre, il faut suivre le DMSO dans le corps, depuis la peau jusqu’à l’endroit où il s’accumule. Ce trajet se trahit par une odeur d’huître, que tous ses utilisateurs connaissent.
Une goutte sur le bras, un goût d’huître dans la bouche
Au début des années 1960, Robert Herschler est chimiste chez Crown Zellerbach, un grand papetier de la côte ouest des États-Unis. Pour fabriquer le papier, l’usine sépare les fibres du bois de la lignine, la colle naturelle qui rigidifie les arbres. L’opération laisse des résidus soufrés, dont le DMSO, une molécule connue depuis 1866 et que l’industrie vend comme solvant, un liquide capable de dissoudre une foule d’autres substances.
Herschler remarque que ce solvant traverse la peau. En 1961, il en parle à Stanley Jacob, chirurgien à l’école de médecine de l’université de l’Oregon, qui cherche à conserver des organes destinés à la greffe. Jacob étale un peu de DMSO sur son avant-bras. Quelques minutes plus tard, il en sent le goût dans sa bouche, un goût d’huître que tous les utilisateurs décrivent depuis. Les 2 hommes essaient ensuite le liquide sur la cheville foulée d’un assistant de laboratoire, puis sur un pouce arthrosique. Chaque fois, la douleur recule en quelques minutes. Jacob y consacrera le reste de sa carrière, et ses économies personnelles pour financer les premières recherches.
Un liquide posé sur un bras qui se retrouve dans la bouche quelques minutes plus tard : très peu de substances en sont capables.
Le DMSO doit ce passage à sa forme. C’est une toute petite molécule, avec un côté qui se mélange à l’eau et un côté qui se mélange à l’huile.
Votre peau, comme la membrane qui entoure chacune de vos cellules, est faite à la fois de graisses et d’eau. Or l’eau et l’huile ne se mélangent pas : vous le voyez dans une vinaigrette. Une substance qui ne se mélange qu’à l’eau est arrêtée par les graisses. Une substance qui ne se mélange qu’à l’huile est arrêtée par l’eau. Le DMSO se mélange à l’eau comme à l’huile : il traverse la peau, puis la membrane des cellules, sans rien abîmer.
Le trajet est rapide. Appliqué sur la peau, le DMSO arrive dans le sang en 5 minutes et dans les os en moins d’une heure. Plus de 90 % de ce que vous étalez finit par entrer. Le corps l’élimine ensuite sans le stocker : 85 % ressort intact dans les urines en 24 heures, et une semaine plus tard, il n’en reste presque rien.
En route, une petite partie se transforme. Une part devient du MSM, le complément soufré vendu pour les articulations. Une autre devient un gaz, le sulfure de diméthyle, qui s’échappe par les poumons et par la peau avec une odeur d’ail, d’huître ou de maïs cuit.
Voilà le goût d’huître de Stanley Jacob. Quelques minutes après l’application, le DMSO avait traversé sa peau, rejoint son sang, et ressortait par son haleine.
En 1993, Morton Walker, qui a consacré plusieurs livres à la molécule, lui comptait plus de 40 propriétés pharmacologiques, et des dizaines de milliers de publications la mentionnent aujourd’hui.
Avec le DMSO, des cellules survivent au gel
Un solvant qui dissout presque tout devrait abîmer les membranes des cellules qu’il traverse. Le DMSO les protège.
En 1959, 2 chercheurs britanniques, James Lovelock et Mary Bishop, cherchent comment congeler des globules rouges sans les détruire. Quand une cellule gèle, l’eau qu’elle contient forme des cristaux de glace qui transpercent ses membranes, et la cellule se dessèche. Lovelock et Bishop découvrent que le DMSO empêche ces 2 catastrophes : il entre dans la cellule, retient l’eau, abaisse le point de congélation et bloque la croissance des cristaux.
Depuis, une solution à 10 % de DMSO reste la référence des banques de cellules du monde entier. Elle sert à conserver dans l’azote liquide, à -196 °C, les cellules souches, les greffons de moelle osseuse, les cornées et les lymphocytes qu’on reprogramme contre le cancer. Quand un patient reçoit une greffe de cellules souches décongelées, le DMSO de la poche passe directement dans ses veines, et pendant une journée sa chambre sent l’ail. L’hôpital, qui a oublié et dénigré le DMSO comme remède, en injecte donc chaque jour à des patients parmi les plus fragiles.
La protection dépasse largement le froid :
Des rats placés 210 secondes dans une atmosphère d’azote pur, sans oxygène, survivent à 15 %. Prétraités au DMSO, ils survivent à 90 %.
Des souris exposées à une dose mortelle de rayons X survivent à 9 %. Après une injection de DMSO, elles survivent à 54 à 67 % selon la concentration.
La liste s’étend à la chaleur, aux métaux lourds, aux gaz de combat, aux excitotoxines, ces substances qui épuisent les neurones à force de les stimuler, et à la privation de sang.
Chez l’humain, la molécule a sauvé des doigts gelés promis à l’amputation.
Le froid, la chaleur, le manque d’oxygène, les rayons, les poisons et le manque de sang sont des agressions très différentes. Une cellule y réagit pourtant toujours de la même façon, en 4 étapes : des radicaux libres l’attaquent, du calcium l’envahit, l’inflammation se déclenche, puis le sang s’arrête dans les petits vaisseaux qui la nourrissent.
Le DMSO agit à chacune de ces 4 étapes. Il protège donc la cellule quelle que soit l’agression.
Une cellule blessée traverse 4 étapes, et le DMSO intervient à chacune d’entre elles
Pensez à une cheville qui se tord. En quelques minutes, elle gonfle, chauffe et fait mal. À l’intérieur, des milliers de cellules viennent de subir un choc. La plupart ne meurent pas sur le coup. Elles traversent une suite d’événements que les biologistes ont décrits étape par étape, et le DMSO agit sur 4 d’entre eux.
1. Les radicaux libres. Vos mitochondries, les petites centrales qui fabriquent l’énergie de chaque cellule, laissent toujours échapper un peu de molécules instables, ce qu’on appelle les fameux radicaux libres, qui arrachent des électrons à tout ce qu’elles touchent.
Quand la cellule souffre, la production de radicaux libre explose. Le plus destructeur s’appelle le radical hydroxyle. Il attaque la première molécule venue en quelques milliardièmes de seconde, et aucune enzyme de votre corps ne sait le neutraliser.
Le DMSO, lui, le capte presque aussi vite qu’il se forme. Dans une expérience, il a empêché 80 % des cassures de l’ADN provoquées par des rayons gamma.
2. Le calcium. Une cellule en danger ne contrôle plus les canaux de sa membrane, et le sodium et le calcium s’engouffrent à l’intérieur.
Trop de calcium, et la cellule déclenche son propre programme de mort, c’est ce qu’on appelle aussi l’apoptose cellulaire.
Le DMSO freine cette entrée brutale du sodium et du calcium à ce moment précis, et il aide la cellule à garder son énergie quand ses mitochondries faiblissent.
3. L’inflammation. La cellule blessée appelle à l’aide. Elle libère des messagers qui attirent les globules blancs et font gonfler le tissu : c’est la chaleur et le gonflement de la cheville.
Le DMSO calme cet appel. Dans un modèle animal, il réduit d’environ 80 % l’un des principaux messagers de l’inflammation, le TNF-α. Il fait aussi repartir l’eau accumulée : il augmente l’élimination d’urine et accélère la lymphe, le liquide qui draine les tissus vers le sang.
Chez le rat par exemple les petits vaisseaux lymphatiques passent de 11 à 25 contractions par minute, et la lymphe circule 2 fois plus vite.
4. Le sang qui s’arrête. Dans un tissu qui souffre, le sang ralentit dans les plus petits vaisseaux. Les plaquettes, chargées de boucher les brèches, s’agglutinent dans les capillaires. Les globules rouges se collent en amas.
Dans les années 1940, le physiologiste américain Melvin Knisely observe ces amas au microscope chez des malades et les appelle la « boue sanguine ».
La médecine chinoise décrit depuis des siècles un état voisin, la stase du sang.
Normalement, chaque globule rouge porte une charge électrique négative qui repousse ses voisins, comme 2 aimants de même pôle. Quand cette charge baisse, les globules se collent, et le sang épaissit là où les vaisseaux sont les plus fins.
Le DMSO agit à 2 niveaux :
Il garde les plaquettes au repos et favorise les messagers qui dilatent les vaisseaux.
Il défait aussi les forces qui collent les globules entre eux. Ces effets s’effacent quand il quitte le corps : il fluidifie le sang sans bloquer la coagulation.
En 2009, une équipe de chercheurs géorgiens étudie l’hyperthermie, un traitement du cancer qui consiste à chauffer les tissus pour détruire ou affaiblir les cellules cancéreuses. Le cerveau supporte mal la chaleur : il commence à mal fonctionner vers 40 à 41 °C, et chez le singe, 1 heure à 44 °C suffit à détruire du tissu cérébral. C’est pourquoi les traitements par la chaleur ne dépassent pas 43 °C pendant 60 minutes.
Chez des rats, les chercheurs élèvent la température du liquide céphalorachidien, le liquide qui entoure et protège le cerveau. Plus ce liquide se réchauffe, plus de minuscules caillots, les microcaillots, se forment dans les capillaires du cerveau. Le sang ralentit dans ces capillaires, et le cerveau est de plus en plus abîmé. Chez les rats qui ont reçu du DMSO, le sang continue de circuler et le tissu du cerveau est préservé. Le dextran, une substance dont Knisely se servait pour provoquer la boue sanguine, fait l’inverse : il aggrave les amas de globules et les lésions. Ces résultats plaident aussi pour le DMSO dans le coup de chaleur et les fortes fièvres, qui chauffent le cerveau de la même façon.
Concrètement, un tissu qui manquait de sang retrouve un débit, ses cellules reçoivent de nouveau de l’oxygène, et l’eau accumulée autour d’elles repart. Sur la cheville foulée de l’assistant de Jacob, c’est ce mouvement qui faisait reculer la douleur en quelques minutes.
Le DMSO remet en marche des cellules en veille depuis des années
Une cellule privée de sang ou agressée trop longtemps ne meurt pas toujours. Elle peut s’arrêter de fonctionner tout en restant vivante, dans un état de veille que les neurologues connaissent bien autour des AVC, où ils l’appellent la pénombre. Cet état peut durer des années. La cellule finit alors par mourir, ou par se remettre en marche si les conditions changent.
Le DMSO réveille ces cellules. L’un des principaux chercheurs du DMSO a observé ce réveil plusieurs fois chez l’animal. Le cerveau de ces animaux ne montrait plus aucune activité électrique : sur l’électroencéphalogramme, l’appareil qui enregistre cette activité, le tracé était plat.
Une dizaine de minutes après avoir reçu du DMSO, l’activité électrique de leur cerveau revenait. Le réveil associe tout ce qui précède : le sang revient dans les capillaires, les déchets accumulés repartent, la production d’énergie tient, et la vague de radicaux qui accompagne le retour de l’oxygène est neutralisée.
Le DMSO agit aussi sur le squelette de la cellule. Exposée au DMSO, une cellule voit en 20 à 30 minutes une partie de l’actine, la protéine qui forme son squelette interne, migrer vers le noyau. Quand le DMSO s’en va, la structure normale se reconstruit en 1 à 2 heures. Plusieurs observations suggèrent que non seulement elle se reconstruit mais en mieux !
Le DMSO renforce l’architecture des cellules saines et défait les configurations anormales, comme celles des cellules cancéreuses. Les praticiens de la thérapie neurale connaissent un phénomène voisin : une petite injection d’anesthésique local suffit parfois à interrompre un circuit nerveux bloqué dans un état douloureux depuis des années.
Sur les nerfs, le DMSO agit de 3 façons :
Il bloque la conduction dans les fibres fines qui transportent la douleur persistante
Il freine l’amplification de la douleur par la moelle épinière et le cerveau
Il aide les fibres coupées ou écrasées à se refermer puis à repousser.
Le prochain volet consacré aux nerfs détaillera ces mécanismes.
Le DMSO renforce aussi le système parasympathique, la branche du système nerveux qui gère le repos, la digestion et la réparation, à l’opposé du système sympathique qui prépare au combat ou à la fuite.
Il freine l’acétylcholinestérase, l’enzyme qui détruit le messager de ce système, l’acétylcholine. Résultat : plus de larmes, plus de salive, une digestion relancée et des muscles contracturés qui se relâchent.
Enfin, le DMSO agit comme un chaperon chimique : il aide les protéines à garder leur forme et disperse leurs agrégats, comme les fibrilles amyloïdes de la maladie d’Alzheimer, et il défait le tissu fibreux qui rétracte les mains dans la maladie de Dupuytren.
Le cerveau est protégé par la barrière hémato-encéphalique, une paroi qui filtre ce qui passe du sang au cerveau et arrête la plupart des médicaments. Chez la souris et le rat, le DMSO ouvre cette barrière temporairement, et les médicaments mélangés avec lui entrent dans le cerveau. Un antifongique, le kétoconazole, atteint alors dans le cerveau une concentration 9 fois plus élevée.
Un anti-inflammatoire fait-il la même chose que le DMSO ?
« Un anti-inflammatoire ordinaire produit le même effet. »
L’aspirine bloque elle aussi le thromboxane des plaquettes. Mais elle neutralise définitivement une enzyme, la cyclo-oxygénase, dans toutes les cellules qu’elle atteint, et supprime au passage les prostaglandines qui protègent la muqueuse de l’estomac. D’où les ulcères et les saignements digestifs de l’usage prolongé.
Le DMSO trie les prostaglandines au lieu de bloquer toute leur production. Le résultat se mesure dans l’estomac. En 1993, le chirurgien irakien A. S. Salim publie un essai randomisé sur 146 patients dont l’ulcère du duodénum venait de cicatriser. Pendant 1 an, ils reçoivent un placebo, un anti-sécrétoire classique, la cimétidine, de l’allopurinol ou 500 milligrammes de DMSO par la bouche 4 fois par jour. L’ulcère récidive chez 47 % des patients sous placebo et chez 24 % des patients sous cimétidine. Il récidive chez 6 % des patients sous DMSO.
Les corticoïdes, eux, éteignent l’inflammation en freinant l’immunité. Le DMSO la module : chez la souris, administré avant une infection à Escherichia coli ou à Listeria, il laisse intacte la capacité de l’organisme à éliminer le germe. Il renforce même l’effet du cortisol, ce qui permet de baisser les doses de corticoïdes chez les patients qui en prennent.
Un anti-inflammatoire agit sur une enzyme. Le DMSO agit sur l’état de la cellule en détresse : son oxydation, ses ions, son eau, son sang, son énergie, sa structure. C’est pourquoi il protège l’estomac, là où l’aspirine l’abîme : dans l’essai de Salim, l’ulcère récidivait 4 fois moins souvent sous DMSO que sous cimétidine.
Les algues de l’océan fabriquent du DMSO contre le soleil
James Lovelock, le chimiste qui a découvert en 1959 le pouvoir cryoprotecteur du DMSO, a consacré une partie de sa carrière à une tout autre question : l’odeur de la mer. Cette odeur iodée, au bord de l’océan, vient en partie du sulfure de diméthyle, le gaz qui parfume l’haleine des utilisateurs de DMSO.
Les micro-algues du plancton fabriquent en grande quantité un composé soufré cousin du DMSO, le DMSP. Il retient l’eau dans leurs cellules face au sel de la mer, les protège du gel dans les eaux polaires et les défend contre les radicaux libres. En 2002, William Sunda et ses collègues montrent dans la revue Nature que, sous un soleil trop fort ou en manque de nutriments, les algues découpent leur DMSP en DMS, puis en DMSO, et que chaque étape de cette chaîne capte des radicaux hydroxyles. L’algue au soleil affronte le même radical que la cellule irradiée de la souris, et elle se défend avec la même molécule.
Une partie du DMS s’échappe dans l’air, s’oxyde et retombe avec la pluie. Le DMSO se retrouve ainsi, à l’état de traces, dans le lait, le café, le thé, les tomates, la bière, les palourdes et le maïs cuit. Vos cellules ont conservé la même stratégie : elles se défendent contre les radicaux avec le glutathion, une petite molécule bâtie autour d’un atome de soufre, et protègent leur rétine et leur cerveau avec la taurine, un acide aminé soufré qui retient l’eau.
Le DMSO arrive donc dans un organisme qui utilise déjà le soufre pour les mêmes fonctions : capter les radicaux et retenir l’eau.
1965-1994 : comment la FDA a stoppé la recherche sur le DMSO
En 1963, Stanley Jacob publie ses premiers résultats. La presse s’enflamme, les patients affluent à Portland, et plusieurs laboratoires pharmaceutiques, dont Merck, Syntex et Squibb, lancent leurs propres essais. Le DMSO devient en quelques mois le médicament le plus demandé des États-Unis, et des stations-service affichent qu’elles en vendent.
Le contexte réglementaire vient pourtant de changer. En 1962, la thalidomide, un sédatif prescrit aux femmes enceintes, a provoqué des milliers de malformations en Europe. Les États-Unis ont été épargnés grâce à une évaluatrice de la FDA, Frances Kelsey, qui avait refusé l’autorisation, et le Congrès vote dans la foulée l’amendement Kefauver-Harris, qui donne à l’agence de nouveaux pouvoirs sur les essais cliniques.
En 1964, Jacob et les représentants des laboratoires rencontrent Frances Kelsey. L’agence se dit favorable à la poursuite des essais, et redoute en même temps d’être submergée de demandes pour une molécule qui revendique tant d’usages.
C’est donc sur le DMSO que l’agence apprend à exercer ses nouveaux pouvoirs, et elle multiplie les obstacles devant les essais de la molécule.
En septembre 1965, une Irlandaise traitée pour une entorse du poignet meurt d’une réaction allergique. Elle prenait plusieurs médicaments, et rien ne relie sa mort au DMSO. L’agence commence pourtant à annuler des autorisations d’essai.
En novembre arrive le dossier du vétérinaire de Pennsylvanie, Lionel Rubin : à doses très élevées, le DMSO modifie l’indice de réfraction du cristallin des chiens, des lapins et des porcs, ce qui les rend myopes. La FDA interdit toute recherche clinique sur le DMSO aux États-Unis et envoie son télégramme au monde entier. C’est pourquoi tant d’études américaines sur la molécule datent des années 1961 à 1965. L’agence engage ensuite une campagne d’intimidation contre les chercheurs et les médecins qui persistent, et cette campagne a durablement dissuadé la recherche de s’aventurer hors des sentiers battus. (Je vous laisse vous faire votre avis au sujet de la ressemblance avec une période récemment vécue et une autre molécule dénigrée)
Les chercheurs ripostent avec des données. L’Académie des sciences de New York organise des symposiums en 1966 et en 1975. En 1975, Richard Brobyn publie l’étude de toxicologie humaine la plus poussée jamais menée sur la molécule : 78 détenus volontaires d’une prison californienne reçoivent chaque jour sur la peau 1 gramme de DMSO par kilo de poids corporel, pendant 14 jours puis pendant 90 jours, soit 3 à 30 fois les doses habituelles. Ils subissent tous les examens disponibles à l’époque, sans qu’aucune toxicité apparaisse en dehors de l’irritation de la peau et de l’odeur.
En 1978, la FDA autorise un seul usage, le Rimso-50 : du DMSO à 50 % instillé dans la vessie contre la cystite interstitielle, une inflammation chronique et douloureuse de la paroi vésicale. C’est à ce jour la seule indication approuvée aux États-Unis. La FDA donne cette autorisation 2 ans avant les auditions publiques de 1980. L’agence voulait peut-être ainsi répondre à ceux qui l’accusaient de bloquer le DMSO.
Le 23 mars 1980, l’émission 60 Minutes de Mike Wallace consacre un reportage au DMSO. Le lendemain s’ouvre une audition de la commission de la Chambre des représentants sur le vieillissement, présidée par Claude Pepper, et le 31 juillet, une audition au Sénat.
Des sportifs témoignent. Daryle Lamonica, quarterback des Oakland Raiders au football américain, écrit à la commission qu’il s’était un jour coincé le pouce de la main qui lance : le doigt avait tellement gonflé qu’il ne pouvait plus le plier.
Avec le DMSO, le gonflement a commencé à baisser en quelques minutes, et 3 jours plus tard, il lançait de nouveau et jouait le match du dimanche.
Plusieurs récits rapportent qu’au cours de ces auditions, l’effet du DMSO sur une cheville foulée a été montré sous les yeux des représentants de l’agence. La FDA reconnaît que la molécule semble sûre et qu’elle soulage probablement la douleur, et elle réclame des études « bien contrôlées ».
Pour l’agence, une étude bien contrôlée est un essai en double aveugle. (Tout le monde aura bien compris l’arnaque du “double aveugle” avec ce qu’il s’est passé ces dernières années) Une partie des patients reçoit le produit, l’autre un placebo, une substance sans effet qui lui ressemble, et ni les patients ni les médecins ne savent qui reçoit quoi. Avec le DMSO, patients et médecins savent en quelques minutes qui a reçu la molécule. Là où on l’applique, la peau chauffe et rougit, et la douleur baisse vite. Avant la fin de la consultation, l’haleine du patient traité sent l’huître. C’est cette odeur qui avait permis à Jacob de suivre le trajet du DMSO dans le corps, et la même odeur trahit chaque patient traité.
La FDA exigeait donc le seul type d’essai impossible à mener avec le DMSO.
En 1981, Otis Bowen, médecin et gouverneur de l’Indiana, déclare publiquement avoir soulagé avec du DMSO les douleurs de sa femme, mourante d’un myélome multiple, et dénonce l’obstruction de la FDA.
En 1985, Ronald Reagan le nomme secrétaire à la Santé, à la tête de l’administration dont dépend la FDA.
Le statut du DMSO ne bouge pas. Pendant ce temps, l’Union soviétique enregistre le DMSO comme médicament sous le nom de Dimexide, et un très grand nombre d’études cliniques y sont menées, restées pour la plupart inconnues en Occident.
En 1994, après des descentes armées de la FDA chez des fournisseurs de produits naturels, le Congrès vote une loi sur les compléments alimentaires qui limite les pouvoirs de l’agence sur ces produits.
Le DMSO se vend librement, étiqueté comme solvant. L’industrie, elle, l’adopte comme ingrédient « inerte » : il entre dans la formule de médicaments anticancéreux, comme le tramétinib, commercialisé sous la forme tramétinib-diméthylsulfoxyde, et dans les poches de cellules CAR-T, ces lymphocytes modifiés qu’on réinjecte aux patients atteints de leucémie.
Une molécule décrite en 1866, produite à la tonne, dont un flacon d’une vingtaine de dollars dure plusieurs mois, ne peut faire l’objet d’aucun brevet exclusif.
Pour qu’un médicament soit autorisé dans une maladie, un laboratoire doit financer des essais qui coûtent plusieurs centaines de millions de dollars. Le laboratoire ne récupère cet argent que grâce au brevet, qui lui réserve pendant plusieurs années le droit de vendre la molécule.
Sans brevet possible sur le DMSO, aucun laboratoire n’a intérêt à payer ces essais : ses concurrents vendraient ensuite la même molécule sans avoir rien dépensé.
Combien d’effets graves le DMSO a-t-il provoqués ?
Toute substance a une dose qui soigne et une dose qui empoisonne. Au 16e siècle, le médecin suisse Paracelse le résumait ainsi : « Tout est poison, rien n’est sans poison : c’est la dose qui fait le poison. » La règle vaut pour toutes les substances, naturelles ou de synthèse. L’eau elle-même devient dangereuse : boire plusieurs litres en quelques heures dilue le sodium du sang et peut tuer. L’armoise absinthe, utilisée en tisane pour la digestion et contre les vers, contient de la thuyone, une molécule qui provoque des convulsions à forte dose. L’homéopathie applique la même règle à l’autre bout de l’échelle : elle prépare des remèdes à partir de poisons, comme l’arsenic ou la belladone, dilués jusqu’à des doses infinitésimales.
L’écart entre la dose qui soigne et la dose qui empoisonne décide de la valeur d’un traitement. La chimiothérapie classique, elle, se prescrit à une dose toxique, choisie exprès. Sa dose est fixée à la dose maximale tolérée : dans les essais, les cancérologues l’augmentent jusqu’à ce que les effets toxiques deviennent inacceptables, puis retiennent la dose juste en dessous. La chimiothérapie s’attaque à toutes les cellules qui se divisent vite : celles de la tumeur, mais aussi celles des cheveux, de la paroi de l’intestin et de la moelle osseuse, qui fabrique les globules du sang. Beaucoup de patients décrivent ensuite des troubles de la mémoire et de la concentration, que les cancérologues ont appelés le « chemo brain », le cerveau de la chimio. Mon avis : la chimiothérapie n’a pas de dose qui soigne. Elle détruit le corps et l’esprit, et elle fait du patient un client à vie du système de soins.
Pour le DMSO, l’écart est immense.
La dose létale moyenne chez l’animal, celle qui tue la moitié des individus, se situe autour de 20 grammes par kilo de poids corporel, toutes espèces confondues.
Pour un adulte de 70 kilos, cela représenterait environ 1,4 kilo de DMSO, plus d’un litre.
En éprouvette, les cellules ne souffrent d’une exposition prolongée qu’au-delà d’une concentration de 1 %, impossible à atteindre dans le corps sans boire près d’un litre de DMSO par jour.
Des singes ont reçu en intraveineuse 3 grammes par kilo pendant 9 jours consécutifs, sans aucun trouble détectable sur les 4 mois suivants.
Le système de déclaration des effets indésirables de la FDA, le FAERS, a enregistré depuis 1980 un nombre minime de signalements pour le DMSO, en majorité l’odeur et l’irritation passagère de la peau.
On y trouve 3 décès possiblement liés à la molécule : une surdose orale massive en Allemagne, une hémorragie de la vessie après l’instillation d’un mélange à base de DMSO, et une réaction anaphylactique.
S’y ajoutent 8 décès après des perfusions de DMSO associé à d’autres substances que les déclarations ne précisent pas.
En 13 mois de forte hausse de l’utilisation, de 2024 à 2025, un seul signalement concernait spécifiquement le DMSO : une personne mécontente que son cannabidiol, le CBD, ait été mélangé à du DMSO.

Les témoignages d’utilisateurs vont dans le même sens.
Depuis 2024, plus de 6 000 utilisateurs ont signalé publiquement une amélioration. Sur les quelques 3 000 récits analysés en 2025, environ 80 à 90 % des utilisateurs décrivent une réponse positive.
Le taux tombe autour de 50 % pour les troubles plus difficiles à traiter, et il est pratiquement nul pour les troubles sur lesquels le DMSO n’est pas censé agir, ce qui indique que l’échantillon reflète la réalité plutôt qu’un enthousiasme général.
Les plaintes les plus fréquentes sont l’irritation de la peau, presque toujours due à une concentration trop forte, et l’odeur. Viennent ensuite quelques maux de tête, des nausées, des réactions locales possiblement allergiques et des éruptions qui s’aggravent.
Sur tous ces témoignages, 7 personnes seulement ont décrit une réaction sérieuse.
Les vrais risques viennent de la propriété qui fait la force du DMSO : il traverse la peau, et il fait entrer dans le sang tout ce qui se trouve à la surface de la peau au moment de l’application. Dans les premières années, des utilisateurs ont ainsi été malades plusieurs jours après avoir appliqué du DMSO sur une peau qui portait des pesticides, aujourd’hui interdits. Un autre a fait une surdose de nicotine.
Il transporte les allergènes, au point qu’on s’en sert pour tester les allergies : une préparation de DMSO et d’arnica a ainsi déclenché de l’urticaire chez une personne allergique à l’arnica. Il renforce l’effet de certains médicaments, surtout l’alcool, les barbituriques et à moindre degré les benzodiazépines, et augmente la fréquence des effets indésirables des médicaments les plus toxiques, comme les chimiothérapies et les antibiotiques de la famille des fluoroquinolones.
Comme tout ce qui fluidifie le sang, il peut favoriser les saignements : 3 utilisateurs ont eu l’impression de saigner plus souvent du nez, et un cas grave est décrit dans la littérature médicale. Environ 1 personne sur 2 000 y est allergique.
Enfin, chez quelques personnes très sensibles, chargées en toxiques depuis longtemps, le DMSO a aggravé les symptômes en remettant ces toxiques en circulation.
Les rares accidents graves publiés concernent presque tous des perfusions à très forte dose, chez des patients souvent très fragiles.
Le guide d’usage à venir les détaillera.
Dans l’œil, le DMSO s’accumule jusqu’à 4 fois plus que dans le sang
Revenons au télégramme de 1965 et à l’œil de Murray.
Le cristallin des chiens de Lionel Rubin s’était modifié sous des doses répétées sans commune mesure avec celles qu’on utilise chez l’humain. Son centre déviait un peu plus la lumière, et l’animal devenait myope, sans cataracte. Les études humaines n’ont jamais retrouvé cet effet, alors que de nombreux médicaments d’usage courant modifient l’indice de réfraction de l’œil humain. Chez les 78 détenus de Brobyn, aucun cristallin ne change. Un médecin instille du DMSO dans les yeux de 108 patients, à une concentration plus forte que dans les autres études. Chez 49 d’entre eux, il traite les 2 yeux, et chez les 59 autres, un seul œil : 157 yeux au total. Il suit ces patients jusqu’à 19 mois : aucune lésion de la cornée, aucune cataracte, aucune modification de la réfraction. Parmi eux, 8 ont un glaucome, une maladie où la pression à l’intérieur de l’œil abîme le nerf optique. Chez ces 8 patients, un collyre aux corticoïdes fait souvent monter cette pression, et le DMSO ne la fait pas monter. Chez 17 autres patients, déjà atteints de cataracte, la cataracte ne s’aggrave pas. On estime que des centaines de milliers de personnes ont utilisé depuis des collyres de DMSO sans problème.
Le DMSO a été interdit à cause d’un effet sur le cristallin des chiens. Or l’œil est justement l’un des rares endroits du corps où le DMSO se concentre davantage que dans le sang.
Où se concentre le DMSO dans l’œil, et combien de temps y reste-t-il ?
Pour le savoir, des chercheurs ont marqué la molécule avec un atome radioactif, qui permet de la suivre à la trace dans le corps d’animaux. Le DMSO se répartit presque partout, avec dans les tissus une concentration un peu plus faible que dans le sang. L’iris, la partie colorée de l’œil, en contient autant que le sang. La cornée, la surface transparente de l’œil, en accumule davantage : 2 heures après l’administration, 2,2 fois plus que le sang chez le lapin, et 4 fois plus chez le rat.
Chez l’humain, cet excès à la surface de l’œil se sent. Les détenus de Brobyn étaient couverts de DMSO à des doses 3 à 30 fois supérieures à la dose habituelle, et 9 % d’entre eux se plaignaient d’yeux qui brûlent ou font mal.
Le DMSO ne s’installe pas pour autant dans l’œil. Une étude chez le rat montre qu’il en repart vite, quelles que soient la voie d’administration et la concentration. Et comme le DMSO se lie à l’eau, il emporte probablement en repartant l’eau qui s’accumule en excès dans l’œil, celle d’un œdème par exemple.
Une cataracte est un amas de cristallines, les protéines transparentes du cristallin, qui ont perdu leur forme et se sont agrégées en masses opaques : le DMSO stabilise les protéines et disperse leurs agrégats.
Il rétablit aussi la circulation et le drainage des tissus, et il réveille les cellules en veille. Une rétine privée de signal pendant 75 ans compte beaucoup de cellules de ce type.
Murray a appliqué du DMSO sur son visage et dans son nez pendant des mois pour soigner ses sinus. À chaque application, une partie de la molécule rejoignait son sang et venait se concentrer à la surface de ses yeux. L’odeur qui accompagnait chaque application signalait ce trajet. La médecine connaissait d’ailleurs le phénomène depuis les premiers essais : des patients traités pour leurs articulations revenaient en disant qu’ils voyaient mieux, et Stanley Jacob les adressait à un ophtalmologiste.
La notice du Rimso-50, le seul DMSO médicament des États-Unis, recommande pourtant toujours un examen des yeux avant et pendant le traitement.
Une seule molécule pour des maladies qui n’ont rien à voir ?
Chaque fois qu’on présente le DMSO, la même objection tombe : une seule substance ne peut pas agir à la fois sur un AVC, une vue qui baisse, une sclérodermie et une douleur nerveuse. Trop beau pour être vrai.
Cette objection repose sur une idée qu’on ne questionne jamais : ces maladies n’auraient aucun rapport entre elles. Cette idée vient de la façon dont la médecine moderne a découpé le corps.
Chaque partie du corps a désormais son spécialiste. La peau a son dermatologue, les vaisseaux leur angiologue, les nerfs leur neurologue. En France, la réforme de l’internat de 2017 a porté le nombre de spécialités médicales à 44, et la médecine vasculaire, celle des angiologues, est devenue cette année-là une spécialité à part entière. Chaque spécialiste examine sa portion du corps, avec ses examens, son vocabulaire et ses médicaments. Le patient passe de cabinet en cabinet, et personne ne relie ce que chacun a vu.
Mon avis : la médecine moderne cloisonne le corps à dessein. Chaque nouvelle spécialité découpe une maladie de plus, et chaque maladie découpée appelle son médicament. Le patient, lui, se perd dans des explications qu’il ne peut plus relier.
Les médecines traditionnelles, et la naturopathie qui en hérite, regardent le corps comme un tout. Les organes, les systèmes et l’esprit y communiquent en permanence, et un symptôme s’explique par l’ensemble : un problème de peau s’y lit souvent à partir du foie ou de l’intestin, une douleur à partir d’un stress qui dure. Le DMSO rejoint cette vision globale, et la neurologie montre bien pourquoi.
Une vieille plaisanterie de médecin dit que les neurologues excellent à diagnostiquer les maladies et peinent à les soigner. La plaisanterie a une raison : la neurologie nomme la plupart de ses maladies d’après l’endroit où siège la lésion et d’après son aspect, rarement d’après leur cause. Une fois le nom posé, il reste souvent peu à proposer : on gère les symptômes et on surveille le déclin.
Sous ces noms différents, on retrouve pourtant les mêmes causes, que la médecine ne cherche ni ne traite :
une microcirculation, le réseau des plus petits vaisseaux sanguins, qui se bouche ;
des cellules en veille, qui ont cessé de fonctionner sans mourir ;
des protéines qui s’agrègent ;
un système nerveux sympathique, celui de l’alerte, qui ne relâche jamais la pression ;
des circuits nerveux figés dans un état anormal.
Faute de reconnaître ces causes, on qualifie les maladies qui en découlent d’« idiopathiques », un mot savant pour dire qu’on n’en connaît pas la cause, de « dégénératives » ou d’« incurables ».
Un médicament moderne vise en général une seule voie biologique. Il n’aide que les patients dont la maladie passe par cette voie, et seulement si le médecin l’a identifiée. Le DMSO agit sur plusieurs de ces causes à la fois, sans exiger de diagnostic précis. C’est pour cela qu’on retrouve ses effets chez le neurologue comme chez l’ophtalmologiste, et dans des spécialités qui ne se parlent jamais.
James Miller, un médecin américain qui propose aujourd’hui le DMSO à un grand nombre de ses patients, résume son expérience par une impression qu’il dit lui-même dépourvue de chiffres : environ 80 % des troubles pour lesquels ses patients consultaient un neurologue disparaissent sous DMSO.
Les 7 volets du dossier DMSO
Ce dossier repose sur 4 idées, que chaque volet vérifie dans un domaine précis.
Plusieurs voies à la fois. Le DMSO agit en même temps sur les radicaux libres, les ions, l’eau, le sang, l’énergie et la structure de la cellule en détresse.
Des causes communes. Ces voies sont les causes communes de maladies que la médecine range dans des spécialités séparées, et c’est pourquoi une seule molécule agit sur tant d’entre elles.
Un écart immense. La dose qui soigne se situe très loin de la dose toxique, et l’atteinte des yeux qui a servi à interdire le DMSO en 1965 ne s’est jamais retrouvée chez l’humain.
Une molécule sans brevet. La FDA, qui venait de recevoir de nouveaux pouvoirs, a écarté le DMSO en 1965, et aucun laboratoire ne finance ses essais, parce qu’aucun brevet ne protège une molécule décrite en 1866.
Chaque volet se lira seul, et vous pouvez commencer par celui qui vous concerne :
une douleur vous accompagne depuis des années : commencez par le volet sur les nerfs ;
un proche vient de faire un AVC ou vit avec une paralysie : lisez le volet sur l’AVC et la moelle, puis celui sur le cerveau ;
votre vue baisse ou vos oreilles sifflent : le volet sur les yeux et les oreilles vous concerne d’abord ;
vous vivez avec une maladie auto-immune, une sclérodermie ou une vessie douloureuse : allez au volet sur l’auto-immunité.
Les lunettes devenues trop fortes · Les yeux et les oreilles. Cataracte, corps flottants, glaucome, sécheresse oculaire, dégénérescence maculaire, acouphènes, perte d’audition. Des chiens et des chats dont le vétérinaire voulait retirer l’œil ont guéri, et des utilisateurs ont dû changer de lunettes devenues trop fortes. Le volet explique pourquoi des maladies que tout sépare répondent à la même molécule, et comment préparer un collyre.
Le cerveau ne meurt pas d’un coup · AVC, traumatismes crâniens, moelle épinière et cœur. Une femme dans le coma depuis 3 mois, une personne paralysée depuis 13 ans qui remarche sans attelles, un joueur de hockey touché aux vertèbres du cou. Les essais et les récits y voisinent avec la comparaison au traitement de référence de l’AVC et les gestes à faire en attendant les secours.
Todd a arrêté le DMSO en secret · Le cerveau qui dégénère. Maladie de Charcot, Parkinson, Alzheimer, sclérose en plaques, mémoire, anxiété, dépression, sommeil. Une infirmière a soigné son cousin atteint d’une maladie de Creutzfeldt-Jakob confirmée, réputée mortelle dans 100 % des cas. Au Chili, en Argentine et dans l’Oregon, plus de 150 enfants porteurs de trisomie 21 ont été traités, souvent avec un mélange de DMSO et d’acides aminés.
Le muscle qui a repoussé · Les nerfs et la douleur. Entorses, mal de dos, sciatique, neuropathies, névralgie du trijumeau, paralysie faciale, canal carpien, migraines, fibromyalgie, pieds diabétiques. Des nerfs que la médecine considérait comme perdus ont recommencé à commander leurs muscles. Ce volet décrit les associations qui renforcent le DMSO contre la douleur, l’endroit exact où l’appliquer, et pourquoi les pauses comptent.
Un homme changé en os retrouve ses doigts · Auto-immunité, fibroses et amylose. Des mains recroquevillées par la maladie de Dupuytren, une peau qui durcit dans la sclérodermie, des muscles qui se changent en os, une vessie enflammée sans infection, des reins encombrés de protéines, un intestin et un foie enflammés. On y suit le DMSO là où le corps fabrique trop de tissu ou retourne son immunité contre lui-même.
Les cellules leucémiques devenues rouges · Le cancer. Des cellules leucémiques qui se remettent à mûrir comme des globules rouges normaux, un cancer de la peau effacé dans 13 lésions sur 15 en 8 semaines, des centaines de patientes irradiées dont la vessie et le rectum ont été largement protégés des brûlures. L’enquête va des cultures cellulaires aux essais chez l’humain.
Les cobayes qui ont survécu à la tuberculose · Les infections. Zona, herpès, tuberculose résistante, infections de l’os, sinusites, mycoses, biofilms, poumons. Des cobayes condamnés par une tuberculose résistante ont tous survécu quand une seule dose de DMSO a précédé leur antibiotique. Vous y verrez comment la molécule ouvre les microbes aux antibiotiques sans affaiblir l’immunité.
D’autres volets suivront, consacrés à la peau, aux vaisseaux, aux organes internes, à la sphère ORL et aux dents.
En 1965, le DMSO rendait myopes les chiens de Lionel Rubin. 60 ans plus tard, des utilisateurs myopes voient leur correction baisser chez l’opticien.
Comment la même molécule peut-elle changer la vue dans les 2 sens ?
Le volet sur les yeux et les oreilles, Les lunettes devenues trop fortes, répondra à cette question.
Vous savez maintenant comment une molécule que fabriquent aussi les algues de l’océan traverse la peau, protège la cellule, rétablit la circulation, réveille les tissus en veille, et pourquoi la FDA l’a mise de côté.
La suite donne le guide d’usage commun à tous les volets : choisir le produit, le diluer, l’appliquer sur la peau, le prendre par la bouche avec les doses selon la situation, et les précautions qui comptent vraiment.






