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[GUIDE] — Comment améliorer et optimiser son nerf vague — Part 2

Le terrain intérieur : nourrir, hydrater, supplémenter pour ramener le vague au centre.

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Vital Holis
févr. 26, 2026
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Dans la Part 1, on a posé les deux premiers piliers : l’état d’esprit et la biomécanique. Ce sont des leviers profonds, qui agissent sur la perception de sécurité et sur la mécanique corporelle. Mais il y a une troisième couche, souvent sous-estimée, parfois complètement absente des discours sur le nerf vague : le terrain biochimique. Ce que tu manges, comment tu es hydraté, ce que tu apportes ou retires à tes cellules — tout ça conditionne directement la qualité du signal vagal. Le nerf vague est un câble vivant. Et comme tout câble vivant, il a besoin d’un milieu intérieur cohérent pour conduire correctement.

C’est l’objet de cette deuxième partie : descendre dans les fondations chimiques. Pas pour accumuler des hacks ou des protocoles isolés, mais pour comprendre pourquoi un intestin dysfonctionnel éteint le vague, pourquoi une cellule mal hydratée perd sa capacité de réponse, et pourquoi certains micronutriments sont des pièces manquantes structurelles dans la régulation autonome.


3) Nutrition & microbiome

L’axe intestin-cerveau : le nerf vague comme traducteur

L'axe intestin-cerveau, c'est de l'anatomie. Du tissu. Des câbles. Des molécules de signalisation. Une architecture aussi précise et aussi mesurable que n'importe quel autre système physiologique. Ce qui change tout, c'est de le comprendre dans sa profondeur : un dialogue permanent, bidirectionnel, où le ventre parle autant que le cerveau — et parfois plus fort.

Le nerf vague est le principal opérateur de cet axe. Et ce qu’on oublie souvent, c’est le sens de circulation de l’information : 80 à 90 % des fibres vagales sont afférentes, c’est-à-dire qu’elles montent de l’intestin vers le cerveau. Le nerf vague ne dicte pas seulement à ton intestin quoi faire. Il écoute, capte, traduit, et reporte en permanence vers le tronc cérébral l’état du terrain digestif. Ce que ton cerveau sait de ton corps, il le sait en grande partie par là.

Ce renversement est fondamental. Ça veut dire que la qualité du signal qui monte depuis l’intestin conditionne la qualité de la réponse qui descend. Un intestin inflammé, une muqueuse perméable, un microbiote déséquilibré : tout ça génère un bruit de fond ascendant, une sorte de pollution informationnelle qui arrive au tronc cérébral comme un signal d’alerte diffus, permanent, sans résolution. Et ce signal d’alerte maintient le système dans une posture défensive : tonus sympathique haut, parasympathique bas, récupération compromise.

À l’inverse, un intestin tranquille, une muqueuse intègre, un microbiote diversifié : le signal qui monte est propre, stable, non-menaçant. Le cerveau peut se détendre. Le vague peut prendre le micro.

Le microbiote comme producteur de signal vagal

Le microbiote intestinal n’est pas un simple locataire. C’est un acteur actif de la régulation du nerf vague. Il produit des molécules de signalisation — des acides gras à chaîne courte (AGCC, notamment le butyrate, le propionate, l’acétate) qui activent des cellules entéroendocrines dans la paroi intestinale, lesquelles à leur tour stimulent directement les terminaisons vagales.

Le butyrate mérite un paragraphe à lui seul. C’est le carburant préféré des colonocytes (les cellules du côlon), mais c’est aussi un puissant modulateur épigénétique et un activateur indirect du tonus vagal via les cellules L et les cellules entérochromaffines. Les bactéries productrices de butyrate (Faecalibacterium prausnitzii, Roseburia intestinalis, Akkermansia muciniphila) sont des espèces que l’alimentation industrielle, les antibiotiques, le stress chronique et le manque de fibres ont tendance à éliminer en premier.

La sérotonine est un autre lien direct. Environ 90 à 95 % de la sérotonine du corps est produite dans l’intestin, principalement par les cellules entérochromaffines. Cette sérotonine locale ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique, mais elle active les récepteurs 5-HT3 sur les fibres vagales afférentes. Ce signal sérotoninergique remonte vers le noyau du tractus solitaire dans le tronc cérébral, et de là, il module l’humeur, la satiété, la nausée, la motricité, et bien plus. Un intestin qui produit peu ou mal de sérotonine envoie un signal pauvre. Et un signal pauvre, c’est une régulation pauvre.

Il faut aussi mentionner les psychobiotiques — concept émergent mais de plus en plus sérieux dans la littérature : certaines souches bactériennes semblent avoir un effet direct mesurable sur l’axe HPA (hypothalamo-hypophyso-surrénalien), sur les marqueurs d’anxiété, et sur la variabilité de la fréquence cardiaque, un proxy du tonus vagal. Lactobacillus rhamnosus, Bifidobacterium longum, Lactobacillus helveticus reviennent régulièrement dans les études.

Le terme "psychobiotique" a été introduit en 2013 par Ted Dinan et John Cryan, deux chercheurs irlandais du APC Microbiome Institute. Leur définition de départ était simple : un micro-organisme vivant qui, ingéré en quantité adéquate, produit un bénéfice pour la santé mentale. Depuis, la définition s'est élargie pour inclure aussi les prébiotiques capables de moduler le microbiote dans un sens bénéfique pour le cerveau.

Ce n’est pas de la magie : c’est de la chimie de signalisation.

Les indications contenues dans ce tableau ne sont pas exclusives. Un terrain anxieux avec IBS et sommeil fragmenté peut justifier une combinaison de souches — par exemple L. helveticus R0052 + B. longum R0175 en base, avec L. plantarum 299v si la composante digestive est dominante. La logique est toujours terrain d’abord, souche ensuite.

J'aurais pu m'arrêter là. Mais la science sans le protocole, c'est de la curiosité sans résultat. La suite, c'est le passage à l'acte : les aliments fermentés, les doses, la séquence de supplémentation, et pourquoi l'hydratation est probablement le levier le plus négligé de toute cette reconstruction.

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